L’Esquisse Lyrique chante sur le papier. La plume frémit à l’octave de la voix et atteint le plus profond de l’œil dans une confusion émotionnelle et artistique déroutante.

D’où vient le son ? Où vibre la passion ?

Le dialogue entre le trait à l’encre noire et la partition musicale est implicite, ancré dans le silence de la contemplation. Ce paradoxe, Éric Dabancourt le crée, invoquant les plus grandes figures des passions enchaînées, telles qu’Orféo, Carmen ou Dom Juan.

Ils sont tous là, en rang, sur la scène de l’Opéra de Reims, leurs yeux remplis des vibrations ancestrales de leurs plaintes exaltées. Fantômes palpitants de nos catharsis inavouées, comme gravés par la plume dans la couche superficielle du papier, ils s’éveillent à nouveau, au fil du trait, au long cours de l’esquisse, sentie, ressentie, indépendante et indomptable.
En un ultime synesthésie artistique, le trait d’Éric Dabancourt jumelle le son, et les sens se répondent en un accord majeur d’entente cordiale.

Agathe Cèbe